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Insolite : quand une Kia EV6 assiste 2 Citroën américaines en les chargeant avec le V2L

Insolite : quand une Kia EV6 assiste 2 Citroën américaines en les chargeant avec le V2L

Le samedi 25 juin 2022, les SDEM50 proposaient leur Manche Electro Tour au départ de l’Abbaye de Montebourg. Dominique Delport, passionné d’électromobilité, a embauché une équipe divisée en 3 voitures : une Citroën Ami biplace, sa version cargo, et une Kia EV6, qui leur a fourni la bouteille d’énergie nécessaire pour couvrir le trajet d’environ 130 km à parcourir. A noter que les 2 quatre roues ont été décorées par un artiste très inspiré.

V2L

V2L ou Vehicle-to-Load est la fonctionnalité qui permet aux Hyundai Ioniq 5 et Kia EV6 compatibles de restituer l’énergie du port de charge T2. Pour cela il vous faut une interface hardware, disponible dans les réseaux des 2 marques. Avec cet appareil, vous pouvez charger les batteries d’une autre voiture, d’un scooter électrique ou d’un vélo électrique.

Mais aussi, par exemple, pour approvisionner une grande variété de consommateurs. B. des outils électroportatifs pour le bricolage et l’entretien des espaces verts, un système d’amplification et/ou l’éclairage d’un stand lors d’événements extérieurs… Les applications sont diverses.

Laurent Méheut, qui a rejoint l’équipe de Dominique Delport samedi 25 juin, nous l’a démontré en utilisant cette technologie de charge bidirectionnelle pour charger la guirlande LED, la caisse enregistreuse, le mixeur, divers réfrigérateurs et la charge d’une cafetière pour connecter le Pro à un camion pizza.

D’autres voitures comme la Honda E et la MG Marvel R proposent également le V2L, mais pas la puissance de 3,6 kW des Coréens.

Un projet de covoiturage simple

« Avant l’urgence sanitaire Covid-19, j’avais déjà le projet de mettre en place un service d’autopartage pour le regroupement des trois villages de Tessy-sur-Vire, Fervaches et Pont-Farcy dans le département de la Manche. Je voulais le faire avec Citroën Amis », raconte Dominique Delport.

« Pourtant, il n’y a pas de solution avec les opérateurs habituels qui développent des offres basées sur la recharge à la prise T2. Avec un chargeur de 1,8 kW pour régénérer un pack énergétique de 6 kWh, une prise domestique suffit au quadriporteur Citroën », poursuit-il.

“Robert Morandeira, alias Bob66, m’a donné l’opportunité de me connecter avec le bon correspondant de Stellantis. J’étais curieux de connaître la réaction des habitants devant l’Ami. Le constructeur automobile m’a prêté un exemplaire de ce véhicule pendant 10 jours », raconte-t-il.

50 tentatives en libre-service

« J’avais reçu l’autorisation de faire le service libre-service Amico pour les personnes ayant un permis de conduire. En 10 jours, une cinquantaine de tests ont été réalisés par la population locale”, calcule Dominique Delport.

« Je n’ai eu que d’excellents retours de la part de ceux qui ont testé la voiture. Trois ont même basculé pour acheter. Les Américains ne sont généralement pas enregistrés chez les concessionnaires automobiles. Cela empêche les personnes intéressées de mener une expérience. Ce qui est certain, c’est que cette approche nuira à la vente de ce modèle », réfléchit-il.

“Pour rendre ces voitures encore plus visibles j’ai eu l’idée d’en inscrire 2 dans le Manche Electro Tour. SDEM50, organisateur du rallye, était content et Stellantis a accepté aussi. Il ne restait plus qu’à trouver comment charger les 2 américains” , il dit.

A titre de comparaison, le parcours présenté par le Syndicat de l’Energie du Canal s’étendait sur 130 km, tandis que l’autonomie des quadricycles électriques à balancier est d’environ 60 km.

Les solutions envisagées

« Au départ, je pensais facturer de petits frais à chaque étape. Mais ce n’était matériellement pas possible. J’ai alors contacté Jean-Baptiste Segard pour appeler le Parlement européen. Après tout, il n’était pas disponible ce jour-là. J’ai donc dû chercher autre chose », se souvient Dominique Delport.

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« Encore une fois, c’est Robert Morandeira qui m’a apporté la solution en m’envoyant un contact chez Kia. Julien et Thomas, commerciaux à la concession de Cherbourg, ont très bien accueilli mon projet. L’utilisation du V2L avec un EV6 a donc été validée. “, continuez comme ça.

“Je savais que si des amis étaient trop exigeants avec la présence de la Terre, il y avait un risque de refus de rechargement. J’ai pu tester avec une copie amont mais pas avec 2, donc c’était encore un peu inconnu”, raconte-t-il.

“Afin de brancher les 2 américains à l’EV6 en même temps, j’ai cherché sur Internet une prise multiple avec une section de câble de 2,5 mm2 pour éviter la surchauffe. J’ai trouvé une pieuvre Legrand sur Amazon pour une trentaine d’euros, parfaitement adapté à mes besoins et compatible avec la prise Schuko de l’interface Kia dont la masse est placée en périphérie de la prise », me conseille-t-il.

Décoré par un artiste

« Avec Xavier Gonzalez, directeur de la résidence d’artistes Usine Utopik à Tessy, nous avons eu l’idée de customiser la carrosserie des Citroën Amis avec des œuvres d’art. Il a pensé à une ancienne retraitée, Caroline Dargère. “Il a toutes les qualités artistiques pour faire ça”, m’a-t-il promis. Elle a tout de suite été très enthousiaste lorsque nous l’avons contactée », raconte Dominique Delport.

Le magazine Point Contemporain a publié une longue et très intéressante interview de cet artiste atypique, qui travaillait auparavant comme agent hospitalier et tatoueur. Les médias la présentent comme “formée dans les différentes disciplines classiques des beaux-arts – peinture, gravure, gravure, céramique, etc. – enseignées à l’école d’art d’Épinal et dans les ateliers d’art de la mairie de Paris”.

« Nous avons eu quelques allers-retours avec elle. Par exemple, nous lui avons donné le plan du corps. Les stickers ont été réalisés sur place par la société OP Design à partir des créations de Caroline Dargère. Ils peuvent rester sur le corps des Américains très longtemps. , ou simplement supprimés », souligne notre interlocuteur.

Poule de Cherbourg

Les véhicules utilisés par Dominique Delport étaient numérotés 26 (Chien Noir, Ami biposto), 27 (Zèbre Rose, Ami Cargo) et 30 (Poule Cherbourgeoise, Kia EV6). Les 2 dernières ont été interprétées en alternance par notre interlocuteur et par Laurent Méheut. Le quadricycle biplace était entre les mains d’Aurélien Richard et Julien Kunzli.

« La journée a commencé très tôt pour nous pour deux raisons. D’abord parce que le SDEM50 avait demandé à être sur place à 7h30 le samedi 25 juin, jour du rallye. La camionnette qui devait livrer les Amis la veille n’est arrivée que vers 5 heures du matin ce même matin. Et nous avons dû faire une centaine de kilomètres pour atteindre l’Abbaye de Montebourg », raconte Dominique Delport.

« Si une voiture est laissée dans un convoi, elle doit aller plus vite pour récupérer. Parce que les Amis étaient limités à 45 km/h, il leur était impossible de se relever s’ils étaient laissés pour compte. De plus, un passager dans la voiture de tête était indispensable pour transmettre les informations du road book, lire les cartes et résoudre les énigmes. Pour ces 2 raisons nous avons positionné l’Ami biplace à l’avant, suivi de l’Ami Cargo, puis de la Kia EV6. Nous nous sommes déplacés en groupes. Lorsque les coéquipiers du premier Américain n’ont pas pu voir le deuxième Américain dans le rétroviseur, ils ont dû ralentir pour revenir vers eux », explique-t-il.

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Grand succès auprès des participants

« Avant le départ, les voitures des 50 équipages se tenaient en demi-cercle. Nous devons être capables de mettre le nôtre au milieu. Le matin, nous avons donné la Kia EV6 aux Américains à chaque arrêt. La plupart du temps, nous n’avions pas plus de 10 minutes pour cela, à part une phase 2 à 3 fois plus longue », avoue Dominique Delport.

«Nous devions accumuler autant de kilomètres supplémentaires que possible avant la pause déjeuner de 90 minutes lorsque les vélos accostaient aux terminaux. Tout cela s’est passé sous le regard incroyablement bienveillant des autres participants et des personnes rencontrées en cours de route. Certains sont venus nous poser des questions sur les voitures », estime-t-il encore.

« C’était assez tendu mais nous avons pu garder un œil sur les chronos. Nous n’avons pas été punis par le rituel de chargement. Lorsque nous sommes arrivés sur la place du déjeuner, il restait encore environ 40% d’énergie dans les batteries Ami. Au début, le niveau était monté à 80 %. Nous sommes arrivés à Cherbourg, destination finale du rallye », se réjouit-il plus tard.

EV6 comme lien indispensable

« En fin de compte, la batterie de 77 kWh de la Kia EV6 avait 45 % de capacité restante. A la limite, on a à peine remarqué la portion prise pour recharger les 2 copains. L’un d’eux nous a donné quelques problèmes de chargement au terminal à l’heure du déjeuner. Mais nous n’avons jamais eu de problèmes pour nous connecter à V2L », dit-il.

De gauche à droite : Laurent Méheut, Aurélien Richard, Julien Kunzli et Dominique Delport

« EV6 a été un facteur clé dans le bon déroulement de notre participation au rallye. Nous avons même reçu le trophée Coup de cœur du jury », s’enthousiasme-t-il. Le SDEM50 annonce également sur son site internet que Zèbre Rose a été primé pour sa sobriété. Une telle lumière Ami est facile à comprendre entre les mains d’électriciens expérimentés.

Et alors ?

Dominique Delport souhaite renouveler l’expérience de l’autopartage à Tessy. “Je pense aussi acheter l’un des Américains, qui pourrait servir de véhicule de transport pour les artistes qui sont hébergés par l’usine Utopik”, explique-t-il.

En tant que membre de Railcoop, il a un projet encore plus fou et plus cohérent qui intéresserait le syndicat de l’énergie du département. « J’anime actuellement un groupe de réflexion sur le thème ‘Renouvellement des autorails pour étendre l’autonomie des véhicules électriques’. Le modèle n’est pas encore prêt, mais il s’agirait d’amener les véhicules électriques à destination par le rail et de les recharger pendant le transport », révèle-t-il.

« A Tessy, nous sommes à 18 km de Saint-Lô. Railcoop va rouvrir 2 lignes ferroviaires : Calais-Nantes et Massy-Palaiseau-Brest. Entre Caen et Dol-de-Bretagne, par exemple, les gares de Saint-Lô, Coutances et Avranches seraient desservies », souligne-t-il. « Pour transporter des véhicules électriques, il faudrait un wagon à fond plat avec des parois latérales. Avec un poteau de jetée, les voitures arriveraient par le côté », conclut-il.

Automobile Propre et moi-même remercions Dominique Delport pour son témoignage et sa combativité dans le domaine de la mobilité électrique.

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